samedi 15 septembre 2012

"UNE PHOTO INEDITE".

 C'était en 1932 l'équipe de football de Berrouaghia ( U.S.M.B. - Union Sportive Musulmane Berrouaghia)

Assis de gauche à droite : KORTEBY Benyoucef, BENMEHEL Yahia et KEBAILIALI Abderrahmane.
2ème rang de gauche à droite : MOHRI Ali, BENCHERIFA Mohamed Ouali (Capitaine d'équipe) et ( ? ).
Debouts de gauche à droite : BENKAIDALI Mahi (Président), DILMI Benyoucef, MOUHOUB Mokhtar, KORTEBY Ahmed-cherif, SALAH LAID Ahmed (dit Tutu), ( ? ), KORTEBY Bachir, OULD CHEIKH Mohamed (dit Panpan) et LAGHOUATI Mohamed (Vice Président).


samedi 12 mai 2012

HOMMAGE A LA JEUNESSE QUI A REPRIS LE FLAMBEAU



Le Commandant Si Mohamed Bousmaha


Les journées historiques de Décembre 1960 ont été un fait marquant de la guerre de libération nationale. Elles ont été d’une portée décisive dans la poursuite du combat pour l’indépendance. Pour comprendre le sens des manifestations du 11 Décembre et en saisir la dimension historique, il est nécessaire de les replacer dans le contexte de l’époque aussi bien international qu’Algérien. Le contrôle de la ville d’Alger a été l’enjeu permanent entre l’organisation FLN-ALN et les colonialistes. L’épisode douloureux du démantèlement de la zone autonome d’Alger acquis par l’utilisation d’énormes moyens humains et matériels et des procèdes que la conscience humaine réprouve n’a pas mis fin à la résistance dans la capitale.


L’organisation FLN-ALN à toujours accorder une importance particulière à l’adhésion et à la mobilisation permanente du peuple. Le pouvoir Français a utilisé tous les moyens, répression, regroupement, contrôle et encadrement de la population ainsi que toutes les méthodes psychologique et politique pour détourner le peuple de la lutte et l’isoler du FLN-ALN, la capitale à toujours été d’une importance stratégique sur le plan médiatique, politique, logistique et militaire.


C’est dans cette conjoncture que l’armée Française après le démantèlement de la zone autonome à entrepris la « pacification » de la capitale en amplifiant la répression, l’encadrement, le contrôle des quartiers, en menant une campagne psychologique à travers ses masses médias, notamment la radio « la voix du bled » et la tenue de concerts à la salle Pierre Bordes (actuellement Ibn Khaldoun) et ce, afin de détourner la jeunesse Algérienne du combat libérateur. Les centres féminins de Madame Massu étaient également chargés de détourner la femme Algérienne de son engagement dans la guerre de libération, enfin, les collaborateurs Harkis et Bleus étaient aussi les instruments de cette politique.


La mascarade du 13 Mai 1958, les tentatives de création d’une 3ème force, le soutien et l’encouragement des mouvements contre révolutionnaires des Messalistes avec l’apport des collaborateurs étaient destinés à semer la division au sein du peuple Algérien.



L’ALN reprend en charge les militants rescapés ainsi que les dizaines de la jeunesse Algéroise qui a repris le flambeau pour continuer le combat dans la capitale. Un hommage particulier doit être rendu à ces jeunes qui ont joué un rôle déterminant dans les nouvelles structures politico militaire de la zone d’Alger.


Dès l’arrivée du Général De Gaulle au pouvoir, un plan militaire connu sous le nom de « PLAN CHALLE » fût élaboré et mis en exécution. Ces opérations ont nécessité la mobilisation de forces considérables : terrestres, aériennes et maritimes visant à anéantir l’ALN. La riposte de l’ALN à cette offensive militaire, à toutes ces tentatives d’encadrement et d’isolement des populations s’est concrétisé par une nouvelle stratégie : le rapprochement des combattants de l’ALN avec les populations des villes. C’est ainsi que des membres de l’ALN originaires des villes, rompus aux méthodes de guérilla urbaine ont été désigné en Septembre 1960 pour la création d’une nouvelle zone de la capitale, la zone 6 Wilaya IV et procéder ainsi à la réorganisation de la ville d’Alger. Des actions politiques et militaires ont été entreprises pour renforcer l’action politico militaire dans les quartiers d’Alger.


La reprise en main de la capitale allait atteindre son paroxysme avec les manifestations historiques du 11 Décembre 1960, en ce jour mémorable, la population d’Alger : Hommes, Femmes et Enfants défilent ouvertement dans les rues d’Alger, brandissant les emblèmes et les banderoles proclamant leur attachement au FLN-ALN et la lutte pour l’indépendance nationale.


Face à ce soulèvement populaire l’armée Française consternée, dépêcha à Belcourt les forces parachutistes des 18ème RCP du Colonel Macelot, tortionnaire pied noir connu pour son appartenance au FAF et par la suite membre actif de l’O.A.S. Rien ne fit ébranler la détermination des manifestants qui face aux chars et à toute l’armada colonialiste démontrèrent leur engagement total auprès de l’ALN et leur volonté de liberté et d’indépendance. Plusieurs centaines d’Algériens tombèrent sous les balles des parachutistes et ont offert ainsi leur vie à la cause nationale.


Ainsi les mythes élaborés par les stratèges de l’armée Française volèrent en éclats, l’intégration, l’Algérie Française, la 3ème force, le plan de partage du territoire national, la collaboration des traîtres, Messalistes, Harkis et Bleus, le plan de Constantine n’avaient en définitive pas concrétisés le rêve des colonialistes qui voulaient arracher l’Algérie à sa culture, à sa personnalité et à son intégrité.


Par ces journées mémorables de Décembre 1960, le peuple a proclamé une nouvelle fois son engagement aux côtés du FLN-ALN, sa volonté de défendre l’unité du territoire et sa détermination à réaliser l’indépendance.



Témoignage du Commandant

Si Mohamed Bousmaha

(Dit Si Mohamed Berrouaghia)

Chef de la Zone 6 (Alger Sahel

Wilaya IV



lundi 5 décembre 2011

A TOUTES LES FEMMES ALGERIENNES





video
Cette vidéo est dédiée à toutes les femmes Algériennes en général et à ma grand-mère maternelle (M'ma) Allah yarhamha en particulier.

mardi 8 novembre 2011

TEMOIGNAGE DE SI MOHAMED BOUSMAHA SUR LE DEFUNT COLONEL SADEK DEHILES

Le défunt colonel Sadek Dehiles était un combattant valeureux de l'Armée de libération nationale (ALN), doué d'un grand sens de l'organisation et un nationaliste «intransigeant», témoignent des compagnons de lutte de l'ancien commandant de la wilaya IV historique (Centre du pays). Le colonel Sadek, de son vrai nom Slimane Dehiles, est décédé le 6 novembre 2011 (jour de l'Aïd El Adha), dans son village natal d'Ait Vardjal, dans la commune des Ouadhias, en Grande Kabylie. En dépit d'un bref passage, il a marqué les maquis de l'ALN de la wilaya IV par son sens de l'organisation et son tempérament de combattant qui renvoyait, souvent, le colonel Maurice Bigeard à ses manuels de lutte contre la guérilla, se rappelle le commandant Si Mohamed Bousmaha, dit Mohamed Berrouaghia. «J'ai eu la chance de rencontrer ce grand moudjahid, en octobre 1956, alors qu'il était de retour du congrès de la Soummam et qu'il s'attelait à réorganiser la zone IV, devenue par la suite wilaya IV», raconte le commandant Bousmaha, précisant que sa rencontre avec son futur chef militaire eut lieu après qu'il eut rejoint le maquis, à la faveur de la grève des étudiants et des lycéens. «Cette rencontre m'avait renseigné sur la grandeur de ce guerrier impavide», souligne-t-il, précisant que son ancien commandant avait une «vision à long terme». Le commandant Bousmaha décrit ce baroudeur de l'ALN comme un homme pétri de qualités humaines, simple dans son comportement avec les djounoud, dur dans le combat avec l'ennemi. «Souvent et à tort, Si Sadek était la cible de critiques pour son tempérament», se rappelle-t-il encore, relevant cependant que «la guerre était féroce et ne pouvait être menée que par des hommes capables de faire preuve de rigueur et de fermeté quand il le fallait». Il garde aussi de sa rencontre avec le colonel Si Sadek à Louzana, du côté de Hammam Melouane, en 1956, l'image d'un combattant déterminé, disponible pour les jeunes recrues, privilégiant la formation et encourageant ceux ayant suivi un cursus scolaire. C'est pour cela qu'il a marqué de son empreinte la wilaya IV «en la transformant en pépinière de cadres révolutionnaires instruits», explique le commandant Bousmaha.


jeudi 3 novembre 2011

TÉMOIGNAGE DE MUSTAPHA BOUDINA, EX-CONDAMNÉ A MORT




Nous disposons malheureusement de très peu d'informations sur la manière dont ce que ont vécu nos frères dans les prisons d'outre mer durant la lutte de libération nationale. L'un des rares témoignages fiables dont nous disposons, est celui de Mustapha Boudina, ex-condamné à mort.

A Fort-Mont-Luc - Lyon - (France), l'organisation était à l'image des autres prisons mais la discipline était de fer, je veux parler de la nôtre. Nous étions organisés pour maintenir le moral au beau fixe et ne pas flancher devant l'ennemi et sa machine. Notre courrier était autocensuré avant la censure de l'administration, c'est-à-dire le responsable du comité de détention lisait le courrier de tous les condamnés à mort tandis que le sien était lu par tous, à tour de rôle ; ceci pour empêcher quiconque qui flanche de demander la grâce au Général De Gaulle. Cet acte, nous l'avions considéré comme une trahison. Un seul frère a flanché ; nous l'avons traduit devant la commission de discipline, et isolé. Cette sanction l'aurait achevé si le comité fédéral ne nous avait demandé de l'annuler.
Les mandats que nous recevions des comités de soutien aux détenus ou de nos familles étaient regroupés dans une caisse commune que gérait un membre du comité de détention accrédité auprès de l'administration.
Les cigarettes étaient réparties une fois par semaine, lorsque nous avions assez d'argent. La moyenne répartie était de 3 paquets par jour, les nuits et les journées étaient longues.
Le régime politique que nous avons obtenu à l'instar des autres prisons, à coup de grèves de la faim, nous donnait droit à un rassemblement de jour, dans les cellules, par groupe de quatre, le responsable du comité de détention, lui, pouvait circuler d'une cellule à l'autre ce qui rendait encore parfaite notre organisation.
Une cellule a été transformée en salle de cours, après une grève de la faim de 13 jours, oui nous avions parmi nous beaucoup de frères analphabètes, nous étions seulement quatre instruits et notre niveau ne dépassait pas le C.E.P. Les frères : LACHETAR Moussa, MAMADI Ali, KHELAF Salah et moi-même dispensions des cours tout en suivant des cours par correspondance. J'ajoute que l'institution qui nous dispensait ces cours ne savait pas que nous étions des condamnés à mort.
L'adresse que nous avions donnée mentionnait seulement le numéro et le nom de la rue : 1, rue Jeanne Hachette, Lyon.
Nous avions également la possibilité de nous rassembler dans une cellule pour la prière du vendredi. Cette revendication a été obtenue en 1960, à la suite d'une grève de la faim aussi.
Ainsi, les rassemblements de jour dans les cellules, dans la salle de cours, dans la salle de prière le vendredi, les sorties ou promenades (1 heure par jour) et pour la douche une fois par semaine nous donnaient un emploi du temps bien rempli qui nous faisait oublier notre condition de condamnés à mort ; mais la nuit pour le condamné à mort qui rejoint sa cellule individuelle est aussi longue que la nuit coloniale.

Il se sent comme dans une tombe. Il doit faire face à la solitude, les murs de sa cellule deviennent des fantômes, l'étroitesse de celle-ci l'étouffe, la fumée et l'excès de cigarette lui donnent la nausée. Ses pensées sont ailleurs, dans les maquis, chez les siens, avec ses frères et sœurs tombés aux champs d'honneur, ou assassinés, sa mère, son frère, ses enfants, sa femme, sa fiancée, l'Algérie sa patrie, c'est pour tout ça qu'il trouve la force d'affronter la guillotine. Ses pensées reviennent comme pour rappeler à l'ordre son corps. Non ! Il ne faut pas se faire surprendre par l'aube, par les bourreaux du colonel Morel et son imam. Il veut être prit, le corps purifié (prière de l'aube). Son âme l'est déjà il sera aussi courageux que les autres ; il suivra leur exemple.

LES EXECUTIONS

Oui, il suivra les exemples des frères :

.AIT Rabah et CHERCHARI Ahmed, mardi 23 février 1960
.KABOUCHE Ahmed, jeudi 17 mars 1960
.FEGHOUL Ahmed et .MENAI Brahim, mardi 5 avril 1960
.TAFER Boukhemis, samedi 9 juillet 1960
.LAKHLIFI Abderrahmane, samedi 30 juillet 1960
.BOUGANDOURA Miloud et .MAKLOUF Abdelkader, vendredi 5 août 1960
.BENZOUZOU Mohamed, samedi 26 septembre 1960
.DEHIL Salah, mardi 3 janvier 1961
.BOUKROUCHE Amar, mort d'une tumeur dans la colonne vertébrale sur la table d'opération à l'hôpital.

Ils figurent sur la liste de ceux qui ont sacrifié leur corps et leur âme pour que vive notre patrie comme ils ont contribué à prouver l'invincibilité des peuples qui savent payer le prix de leur liberté et de leur dignité. Je ne pourrais pas oublier les supplices que j'ai endurés en compagnie de ces valeureux combattants de la liberté. Je ne pourrais jamais oublier les moments où ils étaient extirpés de leur cellule ; ils étaient plus sereins, plus calmes et plus courageux que leurs bourreaux qui avaient hâte d'en finir et rallonger la liste des crimes. Cela se passait dans le pays qui se dit des droits de l'homme. Le colonel Morel a démontré dans cette sale besogne qu'il était le digne successeur des officiers de la conquête. L'opinion publique mondiale a admiré leur courage, je pense en disant cela au frère LAKHLIFI Abderrahmane qui était plus jeune que moi de trois mois, il avait 19 ans en 1960 lorsqu'il a été exécuté malgré l'indignation exprimée par la presse internationale et les télégrammes demandant sa grâce émanant :

- du Roi Mohamed V
- du Président BOURGUIBA, de NEHRU
- du Président ESEINHOWER, USA
- du Président KROUCHTCHEV, URSS
- de la Reine ELIZABETH, d'ANGLETERRE
- du Pape.

Pour toute réponse, le général De Gaulle : la justice française suivra son cours. Il voulait dire l'injustice française.

Le frère LAKHLIFI pensait sincèrement qu'étant jeune, il serait épargné. Il me l'a dit un jour que nous étions en promenade. Même le jour de son exécution, en entendant grincer la grille du couloir, il m'appelle à haute voix – BOUDINA ! – lève-toi, ils viennent te chercher. Il s'était basé sur l'ordre d'ancienneté qui donnait mon tour. Les pas rapides et légers dépassaient ma cellule pour s'arrêter devant la sienne. Sa voix plus forte reprend. " Mes frères ! Adieu. Saluez ma mère et ma patrie. Vive l'Algérie indépendante ". Je pense aussi au frère BOUGANDOURA Miloud qui était marié avec une Française, un couple qui s'aimait très fort, il recevait 4 lettres par semaine, des lettres d'amour sincère et pur. Il était analphabète, c'était moi qui lui lisait son courrier et qui lui rédigeait ses lettres, il m'expliquait en arabe ce qu'il fallait que j'écrive. En ajoutant : " Tu ne peux pas comprendre combien j'aime cette femme ; pourtant c'est une Française ; mais moi, je l'aime parce qu'elle est pour notre indépendance, elle est contre le gouvernement français, elle est contre les militaires et les colons qui assassinent tous les jours notre peuple. Si je vivais jusqu'à l'indépendance, je l'emmènerai avec moi au bled et je la présenterai à ma famille, à mes amis et je leur dirai qu'elle a fait avec moi la révolution. Nous travaillerons la terre et nous ne remettrons plus les pieds en France ".

Ce frère a beaucoup souffert des tortures au moment de son arrestation, son crâne a été fracassé par ses tortionnaires, il s'est retrouvé dans une clinique pendant plus de 6 mois avant d'être ramené en détention préventive. Les tortionnaires n'ont pas pu obtenir ses aveux.

Un jour nous avons abordé ce sujet, il m'a dit " Même s'ils m'avaient tué, je n'aurais rien dit. Ma femme aurait pensé que je n'étais pas un homme courageux sans oublier tous les militants et mes responsables qui m'ont fait confiance ".

Le frère BOUGANDOURA avait trois condamnations à mort.

Je pense aussi au frère FEGHOUL Mohamed qui a été d'un comportement et d'un courage admirable qui a fait pleurer un gardien qui avait assisté à son exécution et qui nous l'a racontée.

Le matin de son exécution, ses bourreaux étaient venus l'extirper à la sauvette de sa cellule, à l'aube du 5 avril 1960. Il avait déjà fait sa prière ultime. " Adieu mes frères, grâce à notre sacrifice l'Algérie vivra ".

Arrivé devant l'échafaud, son avocate lui a offert une cigarette, il l'a refusé. Au tour du commissaire du gouvernement (colonel Morel) de lui proposer de fumer une dernière cigarette, il lui rétorque brutalement : " Le FLN me paye des cigarettes jusqu'à la dernière minute ".

Il sort son paquet, s'allume une cigarette, tire deux bouffées et s'avance vers l'échafaud, place sa tête et s'écrie : " Bourreau faite ta sale besogne ! J'offre ma tête pour ma chère patrie ".

A ce moment intervint l'imam ou le mufti si vous voulez : « Mon fils ! Fais ta prière pour que Dieu te pardonne ! »..

Il se relève et se retourne vers celui-ci en ces termes : " Tu es Musulman ? - oui, répondit l'imam ! Alors ta place est au maquis avec tes frères, quant à moi je connais Dieu mieux que toi – j'ai déjà fait ma prière et je suis prêt à rejoindre son paradis ".

Je pense aussi au frère BOUKROUCHE Amar mort d'une tumeur sur la table d'opération dans un hôpital de Lyon. Ce frère a beaucoup souffert de son mal, mais il souffrait surtout de ne pas pouvoir arriver jusqu'au bout et affronter à son tour ses bourreaux. Un jour, il nous a dit : " Je souffre de ma maladie mais je souffre beaucoup plus de savoir que ce mal qui ronge mon corps risque de m'emporter avant et m'empêcher d'affronter ce mal qui ronge mon pays depuis 13O ans, car à force de combattre sur nous les crimes le colonialisme français connaîtra le même sort que le fascisme et le nazisme ".

Tous les autres frères ont essayé de se surpasser de courage devant leurs assassins.

Dans le couloir de la mort, nous nous sommes donnés les noms de chouhada au lieu de condamnés à mort. Les jours des premières exécutions, nous avions jeûné en signe de protestation. A partir de la 4ème journée, le comité de détention, après réflexion, a décidé de ne plus le faire, l'administration considérait que c'était un signe d'affaiblissement de notre moral. Les frères exécutés étaient accompagnés jusqu'à l'échafaud par des chants patriotiques dont : MIN DJIBALINA. De nos montagnes s'élève la voix et l'appel de nos maquisards – les libres – pour la lutte pour l'indépendance. Arrivés à l'échafaud, nous chantions KASSAMEN.

SOUFFRANCES MORALES

Les condamnés à mort de Fort-Mont-Luc étaient physiquement bien engraissés et puis il fallait faire bonne figure devant la visite de la croix rouge internationale et puis encore, il faut être en bonne santé pour se présenter devant la guillotine. C'est au plan moral que l'administration a toujours cherché à nous atteindre pour nous affaiblir. Ce qui explique les agissements de certains de nos gardiens. Le soir, lorsque le condamné est conduit dans sa cellule individuelle, il doit se déshabiller et mettre sa tenue de prisonnier condamné sur la rampe et ses souliers devant sa cellule. Le gardien, obéissant à des instructions, ferme la porte et fait faire plusieurs va et vient aux verrous pour faire croire aux condamnés qu'ils n'avaient peut-être pas fermé les verrous. Et sachant que le condamné à l'intérieur de sa cellule est en train de regarder par le judas, le couvercle étant légèrement tordu, le gardien prend les habits du détenu pour lui faire croire que son tour était arrivé. Lorsqu'il est certain d'avoir fait mouche, il multiplie ses rondes, ce n'est plus tous les quarts d'heure mais toutes les cinq minutes. Le condamné qui fait l'objet de ces pratiques passe la nuit la plus longue de sa vie, ces tortionnaires se relayent à faire des rondes et à attarder leur regard à travers le judas. Quand l'aube arrive, il le sent, il n'a pas besoin de montre, il fait son ablution, sa prière et se tient prêt, sa souffrance est enfin terminée ! Non ce n'est pas pour ce jour, il en connaîtra d'autre aussi atroces. Un seul gardien " nous foutait la paix ", c'est celui que j'ai cité plus haut parce que lui même, ancien résistant, avait été condamné à mort et enfermé dans une cellule de cette même prison. Il avait beaucoup de respect pour nous et, nous aussi nous le respections beaucoup… Quand c'était son tour de garde, nous arrivions à dormir un peu. Les visites des avocats nous faisaient du bien puisqu'elles nous permettraient d'être en contact avec le comité fédéral, de transmettre nos rapports et recevoir de nouvelles directives, elles nous permettraient aussi de suivre l'évolution de la lutte armée des maquis et de certains contacts et négociations secrètes.

Comme par ailleurs, elle laissait un doute chez le condamné qui pense que son avocat lui rend visite avant d'aller présenter la dernière plaidoirie devant le Président de la République ce qui le place sur le qui-vive.

Enfin, je termine ce témoignage en rapportant un souhait qui était très cher aux condamnés à mort de Fort-Mont-Luc.

Ils voulaient mourir par balles. Ils ne craignaient pas la mort, mais la guillotine nous faisait peur car elle abîmait nos corps. Nous considérions la guillotine comme un élément ou un instrument de cette même machine qui est responsable de tous les crimes qui ont été commis et qui sont commis encore contre l'humanité. Son nom c'est : - le fascisme et le nazisme qui ont terrorisé le monde, - le colonialisme, l'impérialisme et le sionisme qui continue à occuper, oppresser, assassiner les peuples qui luttent pour leur liberté, leur indépendance et leur dignité, - le racisme avec l'apartheid est aussi un élément de cette même machine criminelle.

vendredi 28 octobre 2011

L'Étoile Sportive Berrouaghia - Saison 2011/2012



L'Etoile Sportive de Berrouaghia


Photo prise le 28 octobre 2011 - rencontre opposant l'E.S.B. face à la formation de la Montagne (Hay-el-djabel) qui s'est soldée par 4 buts à un 1 en faveur des jeunes Berrouaghiens.


Nous espérons "inchallah" que cette saison 2011/2012 sera la bonne pour ses jeunes garçons.

dimanche 23 octobre 2011

Si Mohamed BOUSMAHA

Si Mohamed BOUSMAHA, entouré de Moudjahidine.


BOUSMAHA Mohamed, était parmi les lycéens qui ont rejoins le maquis en 1956.



Il prends le nom de guerre de « Mohamed Berrouaghia », nous, nous le connaissant sous celui de : « MOHA EL-BERROUAGHI ».



Après les grandes épreuves du plan Challe, de l’affaire « Si Salah », etc., il devient Capitaine, chef de la zone 6 (zone d’Alger et Mitidja) créée en Été 1960.



Là, il est arrêté et fait prisonnier quelques mois plus tard, avant qu’il s’évade en 1961, pour reprendre le commandement de la zone 6.



Dès le cessez-le-feu (mars 1962) il est promu Commandant aux côtés de son compagnon d’armes ; BOUREGAA Lakhdar.



Courageux, il participera souvent à des actions téméraires de commando en ville.



Comme celles du bar Goby à Berrouaghia, ou il mettra fin au sanguinaire adjudant de gendarmerie « Fleury » qui terrorisait la population de son village natal.



Spécialiste de ce genre d’opérations, il mène après la mort de Si Mohamed (Chef de la Wilaya 4) en 1961, une série d’attentats, notamment dans les cafés et bars d’El-Biar, aux quartiers Saint-Raphaël, etc.



Aujourd’hui, il vit à Alger, mais son cœur est constamment à Berrouaghia, ou il Sponsorise depuis fort longtemps le club de football local (l'E.S.B).


Le défunt Moudjahid Bachir BENSALEM

De gauche à droite : Bachir BENSALEM (Président de l'APC de Berrouaghia "deux mandats consécutifs de 1971 à 1978), Houari BOUMEDIENE (Président de la République) et Ahmed MEDEGHRI (Ministre de l'Intérieur).


L’Ex Maire de Berrouaghia, M. Bachir Bensalem, est décédé vendredi (21 octobre 2011) à Blida où il était hospitalisé suite à un arrêt cardiaque. Connu pour son passé révolutionnaire, le défunt à répondu à l’appel de son pays, il avait alors juste 17 ans. A l’indépendance, il occupa plusieurs postes de responsabilité avant de figurer en tant qu’élu de la localité de Berrouaghia (Président d’APC de 1971 à 1978 deux mandats consécutifs). Il a été inhumé samedi (22 octobre 2011) après la prière du ''Dohr'' au cimetière de la ville de Berrouaghia en présence d'une foule nombreuse, de Moudjahidine, d'enfants de chouhada et de nombreux cadres et militants du parti auquel il appartenait.

samedi 22 octobre 2011

Le Chahid "Yahia BOUSMAHA"


Pour que nul n'oublie nos valeureux chouhada !


A beaucoup d’étudiants tombés au champ d’honneur, la mémoire répond depuis l’indépendance nationale par la culture de l’oubli. Yahia BOUSMAHA est l’un deux.


Son itinéraire politique et surtout son rôle de catalyseur du mouvement estudiantin font de lui une grande figure de la Révolution. Né le 10 juin 1937 à Berrouaghia (Médéa), Yahia Bousmaha s’est révélé très vite comme un organisateur. Issu d’une famille modeste, la jeunesse du chahid fut marquée par l’influence nationaliste de son père. Après les cycles primaire et moyen, il quittera Berrouaghia pour poursuivre ses études secondaires à Blida, au lycée Ibn-Rochd, où il décroche le baccalauréat, option sciences. Sa scolarisation a été rythmée comme celle de ses camarades par l’injustice et le crépitement des balles. Il a vite saisi le sens du combat que mène le peuple algérien pour sa liberté. Révolté par la tragédie que vivaient les siens, il arrêta sa scolarité pour vivre corps et âme le combat. Au sein même du lycée, il distribuera les tracts du FLN. Le 14 mai 1956, il prendra une part active à l’organisation d’une réunion clandestine tenue à Sidi Fredj pour la préparation des étudiants à la lutte armée. Le 19 mai de la même année, Yahia Bousmaha sera l’un des principaux instigateurs de la grève générale des étudiants algériens qui donnera lieu à une répression impitoyable. Avec d’autres lycéens, il regagne le maquis à El-Aïssaouia (Médéa). Durant 45 jours, ils reçurent une formation militaire avant de passer à l’action. C’est là où Yahia Bousmaha fit la connaissance des figures légendaires de la Révolution, dont Si Sadek, Si M’hamed Bouguerra, Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, en mission dans la région pour préparer le congrès de la Soummam, et à l’issue duquel il sera désigné à la tête du commandement de la zone II de la Wilaya IV qui s’étendait de Birtouta à Boufarik au Nord jusqu’à Chréa au Sud. Le chahid procédait au recrutement et à l’organisation de la logistique. Début 1957, il sera affecté dans la région du Zaccar en qualité de responsable politico-militaire. Là, il fit un travail colossal en œuvrant à l’organisation des structures, la planification, la collecte des fonds, la formation politique et le suivi psychologique des moudjahidine. Le 14 décembre 1957, à Djebel Barhoum, Yahia Bousmaha tombe au champ d’honneur après un accrochage qui dura quatorze heures.


samedi 15 octobre 2011

Le Chahid "Saâd DJERBOUA"

La révolution algérienne restera toujours une histoire à la richesse infinie et aux péripéties insoupçonnables, dont les acteurs connus et le plus souvent méconnus, voire inconnus, auront été des véritables artisans de sa portée, de ses succès, de son retentissement jusqu’à la libération finale du pays. Le Chahid Djerboua Saâd dit « Hadj Saâd » est né en 1908 à Douar Siouf relevant de la localité de Derreg, Daïra de Sebt Aziz (Wilaya de Médéa), issu d’une famille composée du père Madani et la mère Mir Halima, de trois frères et une sœur. Le père travaillant comme ouvrier agricole « Khammès » chez un de ses cousins, mais en raison des conditions de vie difficiles et la famine qui sévissait à cette ère, la famille a été contrainte de quitter la région à la recherche d’une vie meilleure et s’est rendue à Miliana qui offrait des possibilités de main d’œuvre durant la saison des vendanges et à la mine de Zaccar. A cette époque, le père contracta une maladie grave, le contraignant à garder le lit jusqu’à sa mort, alors que le fils Saâd était âgé à peine de 10 ans, ce qui a plongé davantage la famille dans la misère et le désarroi, l’obligeant à trouver refuge à la maison des nécessiteux de Miliana (Dar-el-massakine). Après quoi, la famille est retournée à sa région natale, où les conditions de vie se sont empirées surtout après le décès de la sœur unique de Saâd, en raison de la famine qui continuait à sévir. Devant cette situation, les membres de la famille ont été obligés de reprendre de nouveau le chemin de l’exode vers Alger, où ils se sont installés au début des années 1920 dans une cave à la rue du Delta (Casbah). Pendant ce temps, la mère dont l’état de santé ne cessait de se détériorer, a été ramenée à Douar Siouf, où elle mourut et inhumée. Après la mort de leur mère, les frères Hamed, Saâd et Mohamed, ont été pris en charge par leur tante maternelle, originaire du Douar Siouf, ayant également rejoint la capitale après le décès de son époux en 1928. Saâd travaillait comme portefaix puis marchand de fruits et légumes avant de devenir propriétaire de plusieurs biens immobiliers au centre d’Alger. Mettant à profit cette situation, il a pu réunir ses frères et quelques proches de sa famille qu’il incitait au travail et à l’adoption d’un comportement irréprochable, leur conseillant de ne pas gaspiller leur agent et de faire des économies. Faisant preuve de solidarité, il ouvrit un registre à son niveau sur lequel il consignait toutes les sommes d’argent que les gens de sa région lui confiaient, les encourageant à acheter des biens, investir dans le commerce, l’achat ou la location de locaux et autres. Toutes les rencontres avaient lieu au niveau du café dit « café el-houamed » sis à la Casbah (Ex-Marengo) à proximité du Mausolée de Sidi Abderrahmane Taâlibi. Bien que Saâd était un illettré, il faisait des efforts pour apprendre à lire et à écrire l’arabe et le français, conseillant les gens de faire de même et d’être fidèles à la religion musulmane réservant un local à Fontaine Fraîche (Tagarins) à Alger-centre, utilisé spécialement pour la récitation du Coran et l’apprentissage de la langue arabe aux enfants et aux adultes, engageant un enseignant « Si Mohamed Charef » devenu par la suite « Imam » de la grande Mosquée d’Alger.



Eu égard aux sentiments religieux qu’il nourrissait, il décida d’effectuer le pèlerinage à la Mecque en 1952 par bateau. D’une forte corpulence, il pratiquait dans sa jeunesse la boxe et a participé à plusieurs galas.




L’emplacement stratégique du café et restaurant qu’il possédait au centre même de la Casbah , berceau du Mouvement nationaliste du temps du PPA, de l’Association des Oulémas Musulmans, de l’O.S. et du MTLD et le lieu d’implantation de l’école franco-musulmane « Medersa » distante de quelques mètres seulement, ont fait que les étudiants de cette école venaient dans son café et restaurant dont certains sont devenus après l’indépendance des cadres de la nation. C’est dans ce milieu plein de dynamisme et de sentiment patriotique que Saâd a fini par offrir son aide et son appui à certains chefs historiques de la révolution, parmi eux Mohamed Boudiaf, membre de l’O.S recherché par les services de polices français, hébergé clandestinement par Saâd dans une habitation à Bouzaréah. Le café de Saâd, sis à la rue Marengo, était un fief de la révolution et un lieu de rendez-vous, de contacts et de rencontres pour de nombreux chefs historiques, tels que Benyoucef Benkhedda, Rabah Bitat, Abderrahmane Kiouane, Hocine Lahouel, Mohamed Hamada, Djillali Reguimi, Mustapha Dahmoun, Abderrahmane Hadj, Ahcène Laskri, Arezki Louni, Boudjemâa Souidani, Mohamed Taleb, Omar Hamza, Rabah Zaâf, Cherif Debih, Ali la Pointe , Fateh Zerari, Noureddine Chaïbi, Saïd Mecheri, les frères Bouabeche, les frères Lafer, les frères Amrani, Saïd Granaïsi, Boualem Hamrane, Ahmed Hattab Pacha, Ali Besbas et autres. Saâd entretenait des contacts soutenus avec Ahcène Laskri, Arezki Louni, Boudjemâa Souidani et Saïd Granaisi (ex-condamné à mort) à l’origine du réseau de poseurs de bombes d’Alger avec Baya Hocine.




En dehors de ses activités dans la capitale, il jouait un rôle dynamique en se chargeant d’assurer les contacts entre la capitale et plusieurs régions de la wilaya IV, où son rôle consistait à instaurer la coordination entre la base et les Commandements de la révolution ainsi que l’ensemble des postes de l’ALN. Dans l’ombre de ce travail discret, les forces coloniales ne sont pas parvenues à l’identifier et à l’arrêter, malgré le démantèlement de plusieurs cellules dans la capitale et l’arrestation d’un grand nombre de responsables, tels que Ali la Pointe et Arezki Louni qui étaient en contact avec lui. Grâce à sa détermination, il a continué à contribuer dans la lutte armée sans éveiller les soupçons des autorités coloniales en procédant à l’embrigadement et au recrutement des jeunes parmi les intellectuels et les diriger vers les maquis de Palestro, Theniet el-had et Djebel Louh où après avoir reçu une formation militaire, ils étaient affectés dans les différentes « Katibet » de l’ALN et grâce au soutien logistique qu’il apportait à partir d’Alger, il assurait les besoins des combattants en armement, munitions, effets vestimentaires, médicaments et argent.




Son arrestation a eu lieu sur la base de renseignements fournis par un indicateur aux forces ennemies, suite aux aveux de personnes arrêtées dans la région de Sebt-Aziz (Wilaya de Médéa), obtenus sous la torture au deuxième bureau de la SAS dirigé par le capitaine Baudouin, aidé par un harki surnommé Larabi qui pratiquait la torture. Les informations recueillies vers la fin 1959 faisaient état de la présence d’un café à la Casbah servant d’Etat Major à l’ALN à partir d’où s’organisaient les contacts, le recrutement et la préparation de colis de marchandises de toutes natures dont des médicaments expédiés vers les maquis de Djebel Louh à partir de Douar Siouf. Des recherches ont été alors déclenchées en vue d’identifier le local en question, mais en vain. Saâd a donc pu poursuivre ses activités jusqu’au jour où l’ennemi a réussi à obtenir sur renseignement, son identité et qui s’est avéré être une personne au-dessus de tout soupçon pour les autorités coloniales au niveau d’Alger, en raison des précautions qu’il prenait à chaque fois et son esprit de vigilance. A partir du renseignement obtenu, les éléments de l’armée coloniale se sont rendus à Alger et avec l’aide du détachement des Zouaves implanté non loin du café de la rue Marengo, il a été procédé à l’arrestation de Saâd Djerboua dans son local commercial, le 26 décembre 1959 à 9 heures puis conduit à l’unité des Zouaves à la Casbah , où il a été torturé quatre jours durant avant d’être transféré vers un autre endroit gardé au secret, sans laisser filtrer aucune information sur son lieu de détention, compte tenu de l’importance de la prise opérée et le rôle dangereux de Saâd durant toutes ces années. Deux de ses fils en bas âge, ont pu lui rendre visite pendant sa détention au détachement des Zouaves et s’entretenir avec lui a travers une lucarne dans sa cellule à la Casbah , confirmant ainsi que la dénonciation est partie de sa région natale, faisant état que son café était utilisé comme Etat Major pour les membres de l’ALN, mais sans pour autant parvenir à le faire parler, malgré les pires supplices qu’il a endurés. L’un de ses tortionnaires n’a pas manqué de déclarer qu’il s’agissait « d’une forte tête ». Les investigations menées par sa famille, ont laissé entendre qu’il avait été transféré en secret sur la caserne « Camp Morand » à Boghar (Wilaya de Médéa) puis sur la SAS de Sebt-Aziz où il a été torturé par Baudouin et Larabi avant d’être exécuté au mois de février 1960 au lieudit « El-Ardja » non loin du Mausolée de Sidi-Bouzid, sans que son corps ne soit retrouvé à ce jour.-



vendredi 29 juillet 2011

Souvenir de 1946

L'équipe de football "E.S.M.B" (Etoile Sportive Musulmane Berrouaghia) en 1946.

De gauche à droite :

KHELLADI Abdallah - MOKTEFI Mohamed - KORTEBY Ahmed-cherif - HELLAL Mouloud - DEDCI Ali - YASSAAD Abdelkader dit Cherchelli - OUARED Ahmed - FERGANI Cherki - (?) - et REGUIEG Abrouz. (Tous des militants du P.P.A).

jeudi 21 juillet 2011

BENKOUIDER Benyoucef

Qui de nous (Berrouaghien) ne connaît pas ce rayon de soleil en l'occurrence Benyoucef dit "Kendila" ce qui signifie le brandon. Certes, c'est un "gentleman" au sens propre du mot.

vendredi 15 juillet 2011

HAMMAM ESSALIHINE




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(Vidéo)


De renommée nationale, la station thermale « Hammam Essalihine », située à 6 kilomètres de Berrouaghia, est à la fois lieu thérapeutique et site touristique, archéologique témoignant de plusieurs civilisations. A l’initiative des hauts responsables du tourisme, une étude de faisabilité a été effectuée par l’E.N.E.T. (Entreprise Nationale des Etudes Touristiques) en Octobre 1985. La station thermale de Hammam Essalihine est un ferment qui est l’élément majeur indispensable pour le développement touristique à Berrouaghia. Ce site s’accommode mal, en effet, de sa situation actuelle. Il réclame un passage à l’exécution des travaux confiés à un promoteur privé en 1992. Au vu de l’étude réalisé par l’E.N.E.T en 1985, il peut apporter des ressources considérables à l’investisseur qui aura la perspicacité de la prendre en mains. A la faveur de la situation sécuritaire qui s’améliore grandement, il est possible de remettre en activité cette station, lieu de prédilection d ’une clientèle fort nombreuse qui vient chercher thérapeutique et détente. Berrouaghia offre toutes les richesses des sites qui font la réputation des villes touristiques. Ses forêts permettent d’allier les bienfaits de délassement aux joies de la natation. Son territoire possède, en outre, l’avantage de jouir de la certitude d’un climat clément « Été » comme « Hiver ». A l’image de Hammam Righa ou Hammam Bouhanifia, l’aménagement du thermalisme à Berrouaghia donnera naissance à des centres climatiques et de repos, tels qu’il s’en développe ailleurs, pour satisfaire loin de la ville le besoin impérieux de repos des organismes et des cerveaux surmenés par le rythme de la vie moderne. L’aménagement de Hammam Essalihine et d’autres sites permettrait, en outre, de résoudre un problème vital qui se pose avec acquitté à Berrouaghia : celui de l’organisation des loisirs. Les travailleurs de toute la Wilaya recherchent avec avidité pour eux et leurs familles des lieux de délassement qui permettent de trouver les commodités nécessaires aux week-ends - voir aux vacances d’hiver et estivales. Berrouaghia est incontestablement pour la Wilaya de Médéa une des régions-clés.

­QUELQUES DONNÉES SUR HAMMAM ESSALIHINE :

•Origine thermale provient d’un réservoir assez profond (+ de 700 m) de nature soluble.

Eaux bicarbonatées sodiques minéralisées (1356 mg/L).

•Température : 38°c et prédominance des ions HCO 3, SO 4, Na, CI.

•La source est indiquée pour le traitement des maladies suivantes :

•-Affections digestives et surtout ceux des voies biliaires et foie.
•-Affections de la peau et muqueuse (séquelles et brûlures).
•-Affections gynécologiques.
•-Affections de la gorge et du nasopharynx.
•-Affections rhumatismales.
•-Affections neurologiques.
•-Affections des artères, des veines, de l’ORL et des voies respiratoires.
•-Affections psychiatriques.

Source E.N.E.T. (Entreprise Nationale des Etudes Touristiques) - Octobre 1985.

vendredi 3 juin 2011

"LA TENDRESSE"




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Cette chanson de Daniel Guichard "La tendresse" interpretée par mon ami Gazdour alias Abdelkader de Bou-Saâda, dédiée spécialement à ma personne.

mardi 24 mai 2011

LES VETERANS DU S.O.B.



" Docteur en psychologie" FERGANI Sid-Ahmed - Ex-Arrière central et Ex-Entraineur

"L'enseignant" Sid-Ahmed SABBOUR - Ex-Arrière central

"Profession libérale" Khaled AMMOUR -Ex-Boxeur Amateur
"Receveur des PTT" Abdelkrim FERGANI - Ex-Milieu de terrain
"L'architecte" Djillali FERGANI - Ex-Milieu de terrain
"L'ingénieur en mécanique Auto" Nasser TOUMI (Kharfa) - Ex-Dirigeant
"Le Professeur d'Anglais" Abdelkader FERGANI - Ex-Avant centre (à droite)


"L'Entrepreneur" Abdennour ALI - Ex-Attaquant (à gauche)


"Technicien en Sport" Samir NABI - Ex-Attaquant


"Chef de service Technique" Mahfoud YAGOUB - Ex-Arrière central (à droite).

samedi 21 mai 2011

SOUVENIR DE OULED EL BLAD



Debouts de gauche à droite : FERHAT Mohamed, HASNAOUI Mohamed, Le défunt BELHADJ Bachir, Docteur ZERHOUNI Abdelkrim, DEDCI Mustapha, GHETTAS Mohamed, LARDJOUNE Hamid, Docteur KORTEBY Hamza, BELDJAOUHAR El-hadj.

Accroupis de gauche à droite : Fernando, Docteur SAKKI Mansour, BENRITAM Abdelkader, AKLI Slami, LARDJOUNE Mustapha et TOUMI Yahia.

mardi 17 mai 2011

LA GENEREUSE DE BERROUAGHIA S'EN VA

Madame SAKKI Hania Née FERRAH, elle était la mère de toutes les Berrouaghiennes et tous les Berrouaghiens sans exception aucune, elle était la généreuse, elle était d'une grande bonté, elle était la confidente, elle était d'une sagesse exceptionnelle, elle était l'amie de tout le monde notamment les pauvres... autant de qualités de part sa droiture.


De son vivant, elle m'a charger d'une mission très délicate (Demain inchallah, je vais compléter mon commentaire).



"Hamid"





La défunte "Madame SAKKI Abdelkader Née FERRAH Hania" (01.05.1926 - 15.05.2011)




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"Vidéo" Une hadra au troisième jour de son décès.

mercredi 16 février 2011

LA LIQUIDATION DU SANGUINAIRE "FLEURY"

Si Mohamed BOUSMAHA dit "Mohamed Berrouaghia" et/ou "Moha El Berwagui"

Commandant de l'Armée de Libération Nationale



La plaque commémorative


Échaudé par l’opération « Courroie » du plan Challe et la terreur de la « Main rouge » de Fleury/Vigneau, le Haut Commandement de l’A.L.N de la Wilaya IV, décide d’entreprendre des opérations militaires. Parmi celles-ci, la liquidation physique du sanguinaire Fleury.


Cette opération était confiée au jeune BOUSMAHA Mohamed dit « Mohamed Berrouaghia ».


Après s’être très bien renseigné auprès du Commissaire politique local en l’occurrence BENDAHMANE Abdelkader sur les allées et venues du sanguinaire et les positions des postes militaires du village, BOUSMAHA, choisi son groupe et prépare minutieusement un plan. L’opération s’est déroulée le 15 septembre 1960 vers 17 heures.

Du refuge, à l’entrée Ouest de Berrouaghia, les 9 (neuf) hommes habillés en « paras », se dirigent le long de la voie ferrée, jusqu’au Pont de la route menant vers El-Khemis. Là, le groupe de 2 (deux) hommes : CHAALOU et ZERROUK, se positionnent sur la crête avec des fusils mitrailleurs 24-29, afin d’assurer le repli des autres. Les 7 (sept) autres du groupe se dirigent vers le centre ville. Entre temps, un jeune de 12 ans RAHMOUNE Boudjemâa (Chahid) leur servait d’informateur.

« En sortant du refuge, je leur ai donné instructions de marcher en simulant le déplacement d’une patrouille militaire normale : distance entre homme, allure décontractée, etc… J’étais en tête de la patrouille… »
(Déclaration faite par BOUSMAHA Mohamed au Quotidien EL-MOUDJAHID du 4 novembre 1987).

La patrouille se composait ainsi :

-En plus de BOUSMAHA Mohamed, 21 ans, originaire de Berrouaghia ;
-BLIDI Ali, Chef Militaire du Secteur (Kisme), 19 ans, originaire de Blida, armé d’un Mat 49 ;
-BENDAHMANE Abdelkader, Commissaire politique, 21 ans, originaire de Ben-chicao, armé d’un Mat 49 ;
-REMILA Abdelkader dit « Abdeka Lakehal », 20 ans, originaire de Berrouaghia, armé d’un Mas 56 ;
-ABED Abdelkader, 17 ans, originaire d’Oran, armé d’un Mat 49 ;
-SAHRAOUI, originaire de Médéa, armé d’un Mat 49 ;
-et SLIMANE, 19 ans, originaire de Médéa, armé d’un fusil Garant.

La patrouille remonte les sentiers du quartier « Battoire », passe devant le magasin de Mme Ruiz. Puis, les moudjahidine longent le trottoir en face du cinéma « Le Club » et entrent dans le café d’Orient dit « Bar Goby ».

Auparavant, le jeune RAHMOUNE Boudjemâa leur avait confirmé que Fleury était dans ce bar. En passant devant le cinéma, le petit Boudjemâa souffle à Mr DILMI Benyoucef, agent de police sous le régime colonial à cette époque : « Part chez toi, ammi Benyoucef » (D’après le témoignage de ce dernier). Mr DILMI s’exécute sans avoir le temps de comprendre.

Le bar était composé de 2 (deux) salles, BOUSMAHA, se dirige à pas pressés vers la seconde salle, et tire sur Fleury sans lui laisser le temps de réagir, ni d’être informé par un harki qui venu l’avertir de la présence suspecte de « paras ». S’en suivi une fusillade indescriptible. En se repliant, REMILA Abdelkader dit « Abdeka Lakehal » lance une grenade.

L’opération s’est soldée par 11 morts et 14 blessés du côté colonialiste.-


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Nous apprenons que Mohamed Berrouaghia (Si Mohamed Bousmaha), l'un des acteurs de "l'affaire Si Salah", qui avait été capturé, s'est évadé de sa geôle de Médéa. Nous étions en fin de l'été. Le 15 septembre, peu après le coucher du soleil, nous sommes surpris par un énorme roulement de tonnerre. Interloqué, je sors tandis que ces coups de feu s'égrènent maintenant. Cela vient du village et je m'y rends, avec quelques précautions tout de même. Je ne vais pas loin ; Des hommes, des ombres dans la nuit, me crient de me mettre à l'abri, et je rentre à la ferme, mais demeure en attente devant la maison. Quelques minutes plus tard des véhicules arrivent en trombe à l'hôpital avec les premières victimes et je vais m'enquérir. Comme tous les soirs, les habitués du café d'Orient - voisin de la mairie - prenaient leur apéritif avant de rentrer souper chez eux. Personne ne fit grande attention à quelques hommes flânant dans la rue peu éclairée. Ils ouvrirent le feu subitement, tous ensemble, aux armes automatiques et lance-grenades sur les larges ouvertures vitrées du café. L'adjudant Fleury, encore indemne au bar, se précipita à la porte, le pistolet au poing, et fut aussitôt abattu, sans coup férir. Les assaillants s'éclipsèrent alors dans la nuit tandis que, un peu plus tard, l'artillerie ouvrait le feu, probablement pour tenter de couper les chemins de fuite à Mohamed Berrouaghia - car c'était bien lui - et ses compères. Cette soirée fit cinq morts. Outre le gendarme, il y avait Robert Catala dit Boulid ainsi que M. Soulier, le chef de gare et deux musulmans habitués du bar. Maurice Lafond et Raymond Lalanne étaient parmi les 15 blessés. (Témoignage de Pierre Picquart/Garnier-Grizot dans son bouquin « La terre de Berrouaghia » - pages 230 et 231).-


mardi 15 février 2011

LA MOUDJAHIDA "EL MANSOURIA"


A toutes celles qui, en ville et à la campagne, à l’intérieur mais aussi hors des frontières du pays, ont fait grandir la colère contre l’occupant. A toutes celles qui ont donné à la révolution leur vie et, mieux encore, la vie des êtres qu’elles chérissent. Pour elles, l’histoire écrira incontestablement un livre d’or aux multiples volumes.


Comment rendre hommage à toutes ces femmes qui ont inscrit en lettres d'or et de feu le combat libérateur ? Dans le contexte colonial hostile à toute activité féminine des Algériennes autre que domestique, la participation de la femme à la lutte armée a été tout simplement la confirmation d'une tradition révolutionnaire qui traverse les siècles. Fatma-Zohra Benhellel, plus connue sous le nom de guerre “ El Mansouria ”, naquit le 14 avril 1920 à Médéa. Elle fut élevée dans une famille pieuse et nationaliste à l'image de Si Ahmed Mansour Khodja, son mari et militant de la première heure, mort 19 mai 1956.


Aux côtés de ses six enfants, elle assura avec courage et une grande efficacité le rôle d'agent de liaison ainsi que la collecte de l'argent et du renseignement. Le domicile d’ « El Mansouria » à Berrouaghia plus précisément à la rue de la remonte, était un lieu de transit, de rencontres et un refuge pour les moudjahidine de la wilaya IV historique. Ce fut le cas, l'avant-veille d'une opération spectaculaire exécutée par un valeureux groupe de commando de l'ALN menée par le Commandant Si Mohamed Bousmaha (Si Mohamed Berrouaghia), et au cours de laquelle fut abattu le tristement célèbre Fleury, tortionnaire d'une trempe particulière. « El Mansouria », et sa fille aînée Kheïra « Wahiba » ainsi que quatre militantes seront internées pendant 11 mois (Août 1960 à novembre 1961) au centre de tortures de Damiette (Médéa) puis celui de Tefeschoun (entre la baignoire et la gégène), elle subira les pires sévices sans donner le moindre renseignement qui aurait pu mettre en danger ses compagnons de lutte. Elle se permettra même de gifler un colonel de l'armée coloniale, ce qui lui a valu deux mois au fond d'un cachot glacial. Dès sa sortie de prison et par arrêté du Préfet du département du Titteri - Chevalier de la légion d'honneur n° 1154/CAB/BSDN du 28 novembre 1961 , elle fût assignée à résidence à domicile pour une durée de trois mois. « El Mansouria » s'est éteinte le 16 février 2004.


Combien étaient-elles à être séquestrées, torturées, violées, victimes d’un génocide qui, sous le nom de répression avait fait plus d’un million et demi de victimes en Algérie ? Malgré des traditions séculaires, confinant les femmes dans des rôles subalternes, malgré le caractère restrictif des recensements de militants, effectués jusqu’à ce jour et occultant « le travail obscur et ingrat de la grande masse des femmes », les femmes algériennes, grâce à leur ingéniosité et à leur sens pratique, ont encore une fois rendu la résistance possible. Sans complexe, elles peuvent chanter avec Aragon, que c’est aussi grâce à elles, qu’on vit le soleil des visages, qu’on mit les drapeaux aux maisons.

samedi 29 janvier 2011

Le regretté Ali BENFEDHA

(Le regretté Ali Benfedha)
Il était doué comme footballeur et très compétent comme entraîneur. On peut dire sans risque de se tromper que Ali Benfedha n’a pas démérité. Il va sans dire et c’est l’avis même des connaisseurs du football de l’ancienne époque que le personnage a joué un grand rôle dans l’émancipation du ballon rond dans son pays lors de l’Indépendance. C'est dire la justesse et la clairvoyance d’un homme qui au-delà du prestige a su mener à bon port des équipes de football dont il avait la lourde tâche de driver. Alors qu’elle est cette personne dont la génération actuelle ne connaît pas ? Ali Benfedha possède une grande histoire sportive. C’était un footballeur de grande corpulence avec une merveilleuse stature et un physique athlétique. C’était un excellent footballeur qui s’était reconverti en entraîneur joueur puis en technicien exemplaire et les gens qui se souviennent de son vivant vous diront qu’il était discret mais efficace dans tout ce qu’il entreprenait. Réservé mais volontaire dans le travail, humain mais autoritaire, il n’aimait pas la tricherie et l’indiscipline. Prudent dans l’audace, car selon sa conception, seul le sérieux est tributaire d’obtenir un résultat. Que pensent de lui aujourd’hui les clubs algériens qu’il avait sous sa coupe et les joueurs qu’il avait formés ? Ali Benfedha ne fait plus partie de ce monde mais les avis sont différents. D’une personne à une autre, ce qui est sûr c’est que ce dernier ne laisse personne indifférent. Tous s’accordent sur sa compétence, sa sagesse, son sérieux et son assiduité. Le professionnalisme de l’intéressé est reconnu dans toute l’Algérie profonde. Aussi paradoxal que cela puisse sembler, cet aspect de la personnalité du défunt attire aujourd’hui la sympathie des Algériens. D’ailleurs, il ne pouvait être autrement de la part d’un homme qui a marqué son passage durant son existence. Ali Benfedha n’a jamais renié ses origines, la preuve il a été parmi les premiers footballeurs algériens à rejoindre Tunis pour le compte de l’équipe de la Liberté dans les années 1958, suite à l’appel du Front de libération national (FLN), un exemple significatif pour celui qui a tout abandonné derrière lui à l’appel du devoir envers la patrie. Ali Benfedha n’avait jamais démérité à ce sujet et il ressort des entretiens que nous avons eus que peu de gens connaissent le personnage qu’il était mais ils admettent tous qu’il était quelqu’un de particulier. Doté d’une forte personnalité et d’une grande intelligence, un entraîneur très sûr de lui sachant ce qu’il voulait et où il allait. Sur ce point, les équipes l’USM El Harrach, le MC Alger, le WA Rouiba, la JS Kabylie et l’E.S.Berrouaghia en savent quelque chose sur lui. On le surnommait l’homme à la baguette magique. Il a été à l’origine de l’accession du club kabyle de la division d’honneur à la Nationale une en l’espace de trois années. Il a fait accéder le Widad de Rouiba à la Nationale deux sans oublier l’USM El Harrach où il a marqué son passage. Ali Benfedha avait démontré lorsqu’il était joueur de football qu’il savait organiser le jeu, distiller des balles-buts et de rendre le football agréable au public. Il savait également tenir le rôle d’un véritable patron incontesté au milieu du terrain. Il avait la crâne un peu dégarni comme celui de Boby Charlton et il éprouvait du plaisir à ramener sa chevelure arrière vers l’avant avec un seul geste de la main : une manière à lui de cacher sa calvitie. Ali Benfedha était un joueur inclassable tellement le joueur pouvait occuper n’importe quel poste sur le terrain. Il a été la fierté de l’Algérie, un symbole du football algérien, un footballeur hors pair. Pour cela, il faut dire que tout nouveau, tout beau, mais sans jamais oublier de se remémorer les anciennes gloires. « Djedid hebou, Lakdim latfarat fih ». Ali Benfedha a connu ses meilleures lettres de noblesse durant son existence, mais la chose la plus marquante pour lui, c’est d’avoir fait partie de l’équipe de la Liberté (1958), l’unique équipe au monde à avoir combattu l’oppresseur avec comme seule arme, un ballon de football.

mercredi 28 juillet 2010

« Notes sur les Tribus de la subdivision de Médéa »

(Le carrefour de Berrouaghia - 2008)

LES HASSAN BEN ALI


Les Hassan ben Ali n’ont pas une origine homogène, ils n’ont pas de grand-père (Djed) comme disent les arabes.


Cette tribu s’est formée par des immigrations successives de fractions de tribus arabes ou berbères. Il est nécessaire, avant de commencer, de nommer les fractions actuelles et de donner une idée de la composition de cette tribu.


Les Hassan ben Ali forment aujourd’hui six fractions qui sont :


*Les Ouled Mellal ;
*Les Ouled Fergane ;

*Les Ouled Trif ;

*Les Ouled Brahim :

*Les Ouled Maïza

*Gueraba.


Ils sont limités : au Nord, par les Beni bou Yagoub, les Ouzera et le territoire civil ; au Sud, par les Abid, les Ouled Sidi Nadji et les Beni Slimane à l’Est ; et à l’Ouest par les Houara.


Le point culminant de ce territoire est Ben Chicao, qui se relie à la montagne de Fernane, et qui commande tout le pays. Par la suite d’un système de collines et de vallées, les limites viennent atteindre, par des plateaux successifs, la profondeur relativement grande des plaines des Beni Slimane et de Meracheda et la vallée d’Oued Lahreche.


Les points les plus culminants sont le Djebel Sidi Messaoud, Baten Ezzeboudj et Djebel Sebbah.


Les cours d’eau sont :


*Oued El Guelat (rivière des bassins) ;

*Oued El Besbes (rivière des fenouils) ;

*Oued Guergour ;

*Oued Zeraib (rivière des haies).


Tous ces cours d’eau, d’abord très encaissés, vont s’élargissant et finissent par former des vallées.


Les Ouled Ameur du Titteri furent les premiers qui vinrent s’établir sur le territoire des Hassan ben Ali. Leur chef Benzekour, s’étant fâché avec son frère, réunit ses tentes et se mit en route.


Comme il passait devant la tente de son frère, celui-ci lui dit, pour le retenir :


« O Benzekour ! Maudis Satan !


Benzekour répondit, je suis dégoûté de vivre avec toi.


Le frère aîné irrité, leur fit ses adieux en leur criant : Allez-vous en donc, ô fils du dégoûté !


Les Ouled Ameur conservèrent depuis le nom d’Ouled Melal, qui désigne encore leur fraction aujourd’hui.


A cette époque, une tribu presque à l’état sauvage, habitait le territoire des Hassan ben Ali. C’était une population étrange : elle vivait de glands, de begouga ? et de lait de chèvre. Les femmes n’avaient que la tête, les reins et la ceinture cachés ; les seins étaient nus. On les appelait les Ouled Maïza. C’étaient d’ailleurs de bons musulmans qui ne sortaient jamais de leurs forêts. La culture leur était inconnue. Les Ouled Melal s’abouchèrent avec eux et obtinrent l’autorisation d’occuper tout le pays qui n’était pas boisé. Voilà comment les Ouled Melal s’installèrent sur les pentes si fertiles, mais dénudées, qui descendent du Fernane dans la direction du Nord. Les Ouled Melal, une fois établis, appelèrent à eux les Ouled Mendil, leurs frères qui à une époque antérieure, avaient émigré dans la Mitidja et dont une fraction vint s’établir chez eux. Comme on le voit, les Ouled Melal sont composés des Ouled Ameur du Titteri et des Ouled Mendil de la Mitidja.


OULED FERGANE

Les Ouled Fergane se composent :


*Les Ouled Kerakri qui sont originaires des Ouled Maaref et qui émigrèrent il y a environ trois siècles.

*Les Ouled Mechti qui viennent de Bedranas.

*Des Helassat qui furent obligés de quitter les Mouzaïa, à la suite de la guerre avec les Soumata qui les chassèrent de Bouroumi vers l’an 1023 (1614 de J.-C.) ;

*Des Ouled Djefifa, qui appartienaient aux Ouled Abou el Lil, des Hamza (Aumale). Cette famille avait accompagné Soula lors de son incursion dans le Sud ;

*Des Ouled Ali, originaires des Beni Ali de Mouzaïa ;

*Des Ouled ben Megatel, marabouts des Moudjeber de Mostaganem ;

*Des Ouled Sidi Abdallah ben el Khettab et des Ouled M’hamed originaires des Hachem Reris de l’Ouest (plaine de Mascara).


GUERABA

La fraction des Gueraba se compose :


*Des Ouled bou Ihïa, fraction de la grande tribu des Bouaïche de Boghar dont elle se sépara pendant une année de disette ;

*Des Ouled Saiba, fraction des Rahmane qui émigra à la même époque que la précédente ;

*Des Ben Chicao. Cette riche famille arriva chez les Hassan ben Ali vers l’année 1638 : elle fuyait la colère d’un bey de Constantine qui à cette époque, fit couper des têtes chez les Douaouda dont ils étaient originaires ;

*Des Ouled Sidi Ali ben M’hamed, originaires des Flitta Gueraba ;

*Des Ouled Bassour, venus des Medjaher avec les Megatelia (ou Ouled Ben Megatel).


OULED BRAHIM

Les Ouled Brahim se composent :

*Des Ouled ben Haissam, originaires des Ouled Meriem d’Aumale ;

*Des Mehazera, fraction des Zenakhera de Boghar.


OULED TRIF

La fraction des Ouled Trif se compose :

*Des Ouled Sassi, sous-fraction de Beni Khelifa des Beni Slimane ;

*Des Ouled Douif et des Ouled Yala qui quittèrent les Ouled Antar (de Boghar) à la suite de la grande guerre entre ces tribus et les Ouled Mokhtar (1768).


On voit par la composition des Hassan ben Ali qu’il n’existe pas chez eux de ces liens de famille et d’origine commune qui font la force des autres tribus : c’est ce qui explique les guerres intestines constantes et l’antagonisme des chefs des plus puissantes familles.


Les Ouled Fergane et les Gueraba sont les deux fractions qui ont exercé alternativement le pouvoir.


Les renseignements que nous avons ne remontent pas au-delà de l’année 1766.


On connait la constitution des tribus du Titteri : elles étaient groupées par Outhan : le changement de titulaire était un des revenus les plus lucratifs des Beys de Médéa. Celui-ci s’était réservé l’administration immédiate des tribus les plus rapprochées de la ville.


Les Hassan ben Ali appartenaient à cette catégorie, aussi l’influence des Caïds de cette tribu était-elle grande. Chose remarquable, les Hassan ben Ali n’ont jamais eu de Caïd turc : ils ont toujours été administrés soit par les Kerakri des Ouled Fergane, soit par les Megatelia et les Ben Chicao.


Les Ouled Kerakri ont toujours réuni le plus de suffrages : ce sont eux qui ont donné à la tribu le nom de l’un de leurs ancêtres, Hassan ben Ali.


Avant la conquête, les Hassan ben Ali n’ont joué aucun rôle important : Azara (muletiers) du bache Khemadji, ils devaient à ce titre l’exemption de certaines corvées.


Après la conquête, ils se mettent à la tête des tribus qui viennent attaquer Médéa et le pouvoir éphémère que nous y avions installé.


L’anarchie la plus grande régnait partout : les habitants de Médéa (1832) réparaient l’enceinte de la ville et s’étaient organisés en milice. Les tribus environnantes n’avaient plus leur entrée dans la ville, à l’exception des Hassan ben Ali, encore n’étaient-ils reçus que par petites fractions.


Les Hadar (civilisés) se déchiraient entre eux et ne se réunissaient qu’à l’heure de la poudre pour défendre la ville et les jardins. Abusés par les promesses de certains européens, de juifs et de maures d’Alger, ils attendaient impatiemment les secours de la France. Une correspondance très-suivie avec leurs agents d’Alger leur faisait espérer le prompt rétablissement d’un pouvoir organisé ; les missives envoyées par les gens de Médéa étaient toujours accompagnées de force d’ours, et les réponses qu’ils recevaient étaient luxuriantes de promesses imaginaires et irréalisables que des gens sans caractère officiel leur fessaient pour les exploiter.


La ville et les tribus étaient dans cet état d’anarchie, lorsque surgit un aventurier qui saisit un instant le pouvoir. Il se nommait El Hadj el Moati. Cet individu venait de l’Ouest et se disait Chérif, envoyé par l’Empereur du Maroc. Il fut patronné dès son arrivée par les Hassan ben Ali, qui le présentèrent comme un défenseur ardent de la foi. Les Hadar l’accueillirent bien et se soumirent à son autorité. Ses exactions le firent exécrer bientôt et son immoralité vis-à-vis des femmes ne tarda pas à exaspérer les habitants de la ville, qui lui firent avouer ses impostures en pleine mosquée.


Il confessa qu’il appartenait à la tribu des Oudaïa, espèce de makhzen de l’Empereur du Maroc ; qu’il avait été exilé injustement et qu’il avait cru agir en bon musulman en venant défendre la foi. Les Hadar le chassèrent de la mosquée, et, pour l’humilier, le firent conduire par les enfants qui le huèrent jusqu’aux portes de la ville.


C’est ainsi que disparut ce Chérif qui régna quatre mois et qui prit un instant le titre de Moulaï.


On le voit, il n’y a rien eu de solennel dans le départ de cet aventurier qui a été effectué en dehors de l’influence française.


Comment se fait-il que les documents officiels lui aient accordé une valeur qu’il n’avait pas, en avançant que la retraite du Chérif était due à l’intervention de nos agents diplomatiques auprès de l’Empereur du Maroc ? Je ne nie pas que des démarches n’aient été faites, mais ce que je puis affirmer, c’est que Hadj el Moali a été chassé de Médéa par une action toute locale, et que pendant son séjour il n’a jamais eu de correspondance avec l’Empereur du Maroc.


Le pouvoir nominatif qu’il avait exercé pendant la courte période dont nous venons de parler, avait calmé un peu les esprits. A son départ, les passions se réveillèrent et les tribus retombèrent dans l’anarchie la plus complète.


Les Hassan ben Ali se retirèrent chez eux pour défendre leurs gourbis et parer aux éventualités.


L’opinion publique arabe était égarée et ne savait à qui se rallier. Les tribus du Tell surtout sentaient le besoin d’être protégées les unes contre les autres par un pouvoir en dehors d’elles. Deux partis se présentaient : d’un côté la France qui tenait le littoral, de l’autre le Bey de Constantine qui avait fait reconnaître son autorité dans le Sud.


Les avis étaient partagés : les uns voulaient se soumettre au Bey de Constantine ; les autres, voyant les exactions qu’exerçait son représentant dans le Sud, voulaient se soumettre à la France. Cette indécision qui existait chez toutes les tribus, avait divisé les Hassan ben Ali. Les Ouled Kerakri, dirigés par le père du Caïd actuel, refusèrent énergiquement de se soumettre au Bey de Constantine.


Ignorant les événements qui se passaient dans les tribus, nous ne sûmes pas profiter de leur indécision et des partis qui se seraient ralliés immédiatement à nous, et qui eussent entrainé à leur suite toute la population arabe. Quelques agents intelligents et probes eussent suffi, à notre avis, à cette époque, pour nous rallier les Arabes, et la conquête de ce pays aurait coûté, à nous moins de sang et d’argent et aux Arabes moins de misère.


Les Hassan ben Ali étaient encore indécis, lorsqu’ils virent venir à eux les Abid et les Douaïr suivis des tribus du Sud qui se dirigeaient sur Alger pour demander notre protection et se soustraire au Bey de Constantine.


Dans cet intervalle, le Bey de Constantine avait installé à Médéa un de ses khalifas nommé Mohamed el Kadji.


A leur retour d’Alger, les Hassan ben Ali, confiants dans les promesses qui leur furent faites, obéirent à Benaouda que la France avait chargé du maintien de la tranquillité dans le pays, jusqu’à ce qu’elle put elle-même venir établir un pouvoir régulier. Sur ces entrefaites, un Derkaoui, nommé Moussa, venu du Sud, avait rallié autour de lui toutes les tribus du Titteri ; les Hassan ben Ali s’y joignirent lorsqu’il vint camper à Berrouaghia.


Après la défaite de Moussa par Abdelkader, à Amoura, toutes les tribus se dispersèrent et les Hassan ben Ali rentrèrent chez eux pour n’en sortir qu’un mois après et venir faire leur soumission au Khalifa de l’Emir qui ne fit qu’un court séjour à Médéa, Abdelkader l’ayant rappelé dans l’Ouest.


A son départ, le pays retomba encore une fois dans l’anarchie. Les Hassan ben Ali ; les Douaïr et les Abid réclamèrent à grands cris les promesses faites par la France, qui se décida enfin à venir installer, en 1836, Mohamed ben Hossein dont le fils est actuellement Caïd des Rebaïa.


Le nouveau Bey avait contre lui toutes les tribus, à l’exception de celles que nous venons de nommer ; la fidélité des Hadar était douteuse. Aussi Mohamed ben Hossein, pour sauver sa vie, fut-il obligé de se réfugier chez les Hassan ben Ali, qui le protégèrent jusqu’à l’arrivée d’une colonne française qui vint le réinstaller.


A la rentrée du Bey, les habitants de Médéa quittèrent la ville aux instigations d’El Berkani ; il ne restait dans les murs que les Coulouglis, lorsque le Khalifa de l’Emir vint attaquer Médéa ; le vieux turc se disposait à défendre énergiquement la place, lorsque deux traitres ouvrirent nuitamment une porte et firent entrer les contingents d’El Berkani. Le Bey fut garotté et envoyé à l’Emir Abdelkader qui le fit décapiter à Ouchda. El Berkani prit le pouvoir, et toutes les tribus vinrent faire leur soumission, à l’exception des Hassan ben Ali qui conservèrent leur indépendance jusqu’au moment où les tribus du Sud, auxquelles ils étaient alliés, firent leur soumission à l’Emir Abdelkader.


Jusqu’à notre arrivée à Médéa, les Hassan ben Ali suivirent la fortune des autres tribus sans faits remarquables, si ce n’est la mort du Cheïkh ben Aouïoua, chef du parti français, qui eut la tête tranchée par ordre de l’Emir Abdelkader.


Lors de l’occupation française, nous appelâmes au pouvoir Ben Hamed, frère du Cheïkh ben Aouïoua qui avait payé de sa tête son dévouement à notre cause. En 1852, Ben Hamed fut remplacé par son neveu Hadj Abdelkader ben Aouïoua qui est encore aujourd’hui Caïd des Hassan ben Ali.


Cette tribu vit aujourd’hui tranquille et heureuse à l’abri de notre protection. C’est une des plus riches tribus du cercle.


Sa fortune consiste en :


5112 hectares de terres labourées ;

3817 bœufs ;

8621 moutons ;

4780 chèvres ;

193 chevaux ;

196 mulets.


La population des Hassan ben Ali peut être évaluée à 3000 âmes.


Médéa, le 14 juin 1857


Floran PHARAON,